Juge ma DeLorean
par

6 Jan

Si j’ai bien compris le scénario de la franchise Terminator, quelque part dans le futur, le chef charismatique des humains, se battant contre les machines tueuses, a décidé d’envoyer un soldat dans le passé. Pour contrer cela, les machines tueuses ont envoyé un Arnold tueur dans le passé. Paradoxalement, ça a donné aux humains du passé le bras nécessaire pour développer les machines tueuses et le sperme nécessaire pour engendrer le chef charismatique des humains. Ensuite, le chef charismatique des humains a renvoyé une machine tueuse pour contrer une machine encore plus tueuse qui devait tuer le chef charismatique des humains, ce qui a donné aux humains les moyens nécessaires pour tuer les machines tueuses. Mais les machines tueuses ont été développées quand même, défaisant le paradoxe initial. Ensuite les machines tueuses ont essayé de tuer la femme du chef charismatique des humains, ce pourquoi une machine tueuse a encore été impliquée. Mais avant que tout cela n’arrive, les machines tueuses ont décidé de développer un cyborg d’infiltration pour tuer le soldat père du chef charismatique des humains après les trois précédentes tentatives de meurtre, mais avant l’envoi initial et avant même que les machines tueuses améliorées, aka Arnold tueur, aient été développées, question d’empêcher le chef charismatique des humains d’envoyer le soldat géniteur engendrer un chef charismatique, laisser derrière lui un bras, démolir le bras, bref, en terme de référence circulaire, c’est un spaghetti bolognaise assez salé.

La thématique du voyage dans le temps a toujours été très inspirante. Il faut dire qu’il ne reste plus vraiment de frontières que la science humaine n’arrive pas à explorer. Guy Laliberté est allé faire un récital dans l’espace, les mineurs chiliens ont fait du camping sous terre et les Russes ont pas mal fait le tour de l’océan avec leurs sous-marins nucléaires durant la guerre froide. Le temps est pas mal le dernier terrain de camping où les humains ne sont pas encore allés parker leur roulotte.

Bon, l’exploit des physiciens français n’a pas grand chose à voir avec le fait de balancer un objet à une autre coordonnée temporelle. C’est davantage similaire au principe des étoiles, qui nous permettent de les voir telles qu’elles étaient il y a très longtemps. N’empêche, rendre un objet invisible le temps d’un instant en profitant du décalage temporel de deux faisceaux, c’est un premier pas vers l’invisibilité temporelle : cacher un objet parce que l’observateur, dans les faits, le voit trop tard. 50 pico secondes trop tard. Mais c’est assez pour émouvoir un adepte de sci-fi et lui faire imaginer le plus extraordinaire. Juge ma DeLorean.

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Juge mes résolutions
par

4 Jan

Avez-vous pris vos résolutions de nouvel an?

Je ne veux pas me la ramener avec la fin du monde, mais ce serait une bonne idée de les garder, cette année. C’est peut-être notre dernière année sur Terre. Je n’y crois pas évidemment, mais pensez-y.

Maintenant que la saison du gâteau aux fruits est finie, (d’ailleurs, le thé Joyeux Lutin de David’s Tea est au gâteau aux fruits, et est franchement délicieux), il est temps pour nous de se remettre avec pertinence et passion dans l’activité la moins mainstream de l’Internet : juger.

Exemple 1 : juger les produits culturels

Je viens d’aller voir Tintin. Non seulement je peux juger les Cinéplex Odéon et leurs prix onéreux, leur service de piètre qualité et leur inaccessibilité en transport en commun, mais en plus, je peux juger l’utilisation douteuse de la 3D dans les films. Ensuite, j’ai le choix: juger un film bourré de scènes d’action dénuées d’originalité, faisant un amalgame de deux épisodes phares incompatibles de la BD pour offrir un scénario décousu et couronnant un modeste figurant au stade d’antagoniste terrifiant et d’épéiste virtuose. Ou encore juger les gens qui prennent la parole en hurlant sur la place publique afin de critiquer la façon barbare dont a été défigurée une histoire qui a bercé leur enfance. J’imagine que les deux jugements sont contradictoires, mais tout aussi satisfaisant l’un que l’autre.

Exemple 2 : juger les pratiques archaïques

Les numéros confidentiels. Les télécopieurs. Les petites annonces. Les clés WEP. Les chèques. La poste. Les agendas et les dictionnaires de poche. Les tapis de souris. Je n’ai même pas envie d’argumenter. Chaque fois que je répond à un numéro confidentiel ou que je dois poster un chèque, j’imagine un instant que j’irai ensuite travailler dans une voiture pas de power-stering en ayant peur d’être conscrit et envoyé combattre les Allemands.

Exemple 3 : juger les services municipaux

Chère ville de Québec,

Vous exigez des automobilistes qu’ils se garent dans un stationnement intérieur ou autre lorsque c’est l’opération déneigement. Prenons par exemple les résidents du quartier Saint-Roch, pour qui vous indiquez le stationnement du défunt Odéon Charest. C’est super. Ils iront garer leur voiture là. Mais serais-ce possible, la prochaine fois, de ne pas laisser un cordon de neige glacée de trois pieds et demi de haut devant l’entrée des stationnements? Car pour les gens qui conduisent (exemple fictif), une Smart, et qui seraient, par hasard, en visite ce soir là dans le secteur, eh bien c’est très difficile, même avec une pelle, de progresser au travers d’un tel obstacle. C’est même franchement dangereux, surtout quand l’accès aux rues perpendiculaires est également garni d’un tel obstacle.

Bref, je suis convaincu que l’année 2012 ne manquera pas d’opportunité de jugement. Nous verrons bien, évidemment.

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Juge mon congé
par

19 Dec

En cette saison du sandwich pas d’croûte, je vous souhaite à tous des Fêtes pleines de jugement et d’arrières-pensées.

Il ne serait pas improbable non plus que vous voyiez faire l’apparition de Juge mon pantalon, podcast mensuel à saveur sandwichesque, mais aussi pantalonée.

De nouveaux jugements feront leur apparition en 2012, bien sûr, et ce, dès le lundi 2 janvier. C’est un rendez-vous.

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Juge ma pluie
par

16 Dec

Un soir de décembre sous la pluie. Dehors, une neige trop mince se meurt sans pouvoir être à la hauteur des attentes imposées par les traditions des Fêtes et la folie qui s’empare des êtres à l’arrivée de la saison froide. Dehors, les cantiques en prennent pour leur rhume. Une nuit d’automne se prend pour le printemps mais n’a rien d’autre à offrir qu’un vague souvenir de la froide pluie de novembre.

Il n’y a rien de plus banal que de juger le temps qu’il fait. Mais, sérieusement, comment gérer une nuit semblable? Il serait peu pratique d’aller déambuler en ville. Encore moins plaisant de se rassembler dans un parc avec des bouteilles dans des sacs en papier brun. Parce que par ce temps, le mouillé tombe du ciel et gicle du sol. L’extérieur est triste comme la voix de Leonard Cohen.

À une certaine époque, vous auriez passé la soirée au coin du feu, un vin rouge à la main, entretenant votre fusil de chasse pendant que votre gros chien aurait fait la sieste à vos pieds. Un peu plus tard, vous auriez passé la soirée à jouer aux cartes en fumant de Marlboro parce que la radio à lampe est encore cassée. Puis, au coeur de l’époque de gloire qu’on nomme la néotélévision, vous auriez regardé en famille une programmation télévisuelle axée sur la diffusion des moeurs convenables dans une société en mouvance.

Mais aujourd’hui?

Aucune différence dans nos vies. Imaginons une température plaisante, une petite neige féerique… y aurait-il eu bien des gens à l’extérieur?

Nah. Évidemment pas.

J’ai toujours passé trop de temps devant un écran d’ordinateur. Mais il me semble qu’à l’époque, on n’était qu’une poignée d’entités socialement stigmatisées pour qui le monde extérieur n’était qu’une vaste déception. C’est peut-être l’offre de l’Internet qui s’est bonifiée, ou la demande pour le monde réel qui s’est rétrécie. Mais alors que nous approchons de la fin du fameux cycle Maya, les chiens au coin du feu ont laissé leur place aux lolcats et aux photographies doublées de gros texte. Et si vous croyez que j’avais tort, auriez-vous pu croire à l’avènement de pop stars comme Rebecca Black, ou de fameux blogueurs devenus artistes, avant que tout le monde soit scotché devant sa dalle aux LED?

“I do not fear computers. I fear lack of them.”
– Isaac Asimov

Honnêtement, Izzy, moi je commence à trouver qu’on en a pas mal plein la patate.

Et pourtant. Je m’apprête à peser sur le petit bouton bleu de mon panneau WordPress, et à envoyer valser quelques lignes de junk de plus dans cet océan pollué. Parce que c’est comme ça que j’oublie, moi, une pluie triste comme la voix de Leonard Cohen.

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Juge ma célébration
par

14 Dec

Bonjour. Je m’appelle Alex, et j’ai 358 amis Facebook.

Je vous laisse juger de la signification de ce nombre. Pour certains, ça peut sembler beaucoup. Pour d’autres, bien peu. Peu m’importe.

Ils ne sont pas tous égaux, toutefois. Parmi ceux-ci, il y a ceux qui étaient déjà autour de moi à ma naissance. Il y a aussi ceux que j’ai connu tous petits, comme mon frère, par exemple. Il y a les amis que je n’ai pas revu depuis quinze ans, et qui m’envoient un “Wazzup bro!” de temps en temps. Il y en a 2-3 que je n’ai jamais rencontré pour vrai. Il y a ceux que je vois toujours. Il y a les anciens collègues, et les nouveaux. Il y a des gens dont je ne me rappelle plus très bien. Et d’autres qui doivent m’avoir oublié. Et il y a ceux à qui je n’ai pas l’intention de reparler.

Oui, nous savons tous que le terme “Amis” sur Facebook est très élastique (ce qui signifie que la quantité de temps que nous souhaitons passer avec eux variera considérablement plus vite par rapport à l’augmentation de ce que ça nous coûte de sacrifices… merci, microéconomie moderne…) et qu’on ne les considère pas tous comme des amis dans le sens Hallmark du terme.

Reste que…

Si on fait la moyenne des anniversaires de mes amis Facebook… ça nous donne…

  • 29,83 anniversaires par mois
  • 6,88 anniversaires par semaine
  • 0,98 anniversaires par jour
Oui, la distribution n’est pas égale, mais en moyenne, chaque jour est l’anniversaire d’un de mes amis Facebook. Demain aussi. Après-demain aussi. Et ainsi de suite.
Comment gérer ça? À qui souhaiter bonne fête? À qui ne pas le souhaiter? Qui mérite un petit courriel? Un appel? Ou un commentaire sur le mur? Un simple like? C’est un véritable cauchemar.
S’il faut tracer une ligne dans le sable et se fier aux normes construites par notre belle société, j’avancerais les principes suivants:
  • les amis proches méritent un commentaire humoristique, un peu cryptique, idéalement accompagné d’un vidéo marrant ou d’une image obscure qui vient des internets. Reddit et 9Gag à privilégier
  • les amis plus éloignés peuvent être gratifiés d’un bonne fête; en revanche, j’ai toujours trouvé malaisant de recevoir des voeux de bonne fête de la part de gens qui n’auraient pas su ma date d’anniversaire sans l’aide de Facebook
  • les membres de la famille méritent automatiquement un petit mot gentil, mais sans prendre la place réservée aux amis proches
  • les anciens amis, anciens collègues de classe ou anciens collègues de travail, ne devraient pas être congratulés sauf si vous avez eu une relation particulièrement cordiale, ou si vous envisagez de reprendre contact
  • si vous ignorez qui est la personne, enlevez-la de vos amis et ne lui souhaitez pas bonne fête
  • il est inutile de souhaiter bonne fête aux amis qui ne sont pas des personnes, genre le Marché Jean-Talon ou le Parti Libéral du Canada
En général, vous pouvez vous en sortir avec la règle de base, qui implique de dire: “bonne fête dude”.
BONUS: vous remarquerez que les filles se font considérablement plus souhaiter bonne fête que les gars. Guess why.
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Juge mon maraudage
par

12 Dec

L’auteur du texte suivant a été mis en vedette dans Juge mon malaise, Juge mon génie et plus dernièrement, Juge ma gestion. Applaudissons-le bien fort. Comme d’habitude, les propos diffusés ci-sous n’engagent que leur auteur.

Hier, j’ai maraudé. J’entends par cela que j’étais seul un vendredi soir et que je n’allais pas me contenter de jouer à des jeux vidéos. Je passe déjà trop de temps dans un sous-sol pas de fenêtres.

J’ai donc pris mon véhicule (qui n’est pas à moi, jugez-moi) pour visiter divers commerces et dépenser plus d’argent que je n’en ai. Premier arrêt, la Chope Gobeline car j’y ai une bouteille de Johnny Walker à mon nom. Seulement pour une once. Je conduis, après tout. Discussions tranquilles avec le propriétaire de sujets sur lesquels je suis capable de tenir une conversation, c’est-à-dire, “comment vont les affaires?” et “Il faut festoyer lorsque tu auras vendu une centitonne de bière!”.

Je fût cependant interrompu par ma soeur qui requérait transport de la Ninkasi à la résidence parentale. Je lui avait offert plus tôt, alors j’ai optempéré. Arrivé sur place, un curieux personnage en sus de ma soeur se ramasse dans le véhicule. Il ne demandais qu’un lift pour aller rejoindre des gens au Mundial. Peu importe. Tentant d’éviter le malaise, chose à laquelle j’ai une propension à l’échec qui tourne au ridicule, j’ai parlé de la Chope gobeline, du cidre au canneberge et du bacon au chocolat. Ayant crinqué le personnage à aller gouter à la chose, je l’ai trainé ainsi que ma soeur à la Chope. Une deuxième once pour moi, 2 cidres et 2 bacon au chocolat.

Arrivé minuit, ma soeur a eu 22 ans. Cordial aux mûres dans une pipe pour la dame qui voulais se coucher à 10h30. Bon, j’ai assez abusé sur l’horaire de sommeil de ma soeur, alors je la ramène. Capitain Jack toujours dans le véhicule. Il sera la victime de mon maraudage. Je l’amène au Mundial et je m’incruste dans un party de Noël du bacc en éducation physique. Les gars sont majoritairement stéréotypés, les filles sont belles mais au regard qui ne m’intéresse pas. Aucune ne semble être capable de tenir conversation avec moi. (J’en suis au stade que je me dis que c’est leur problème, pas le mien.)

Alors je m’accotte sur le bar, me commande une budweiser à 2.50 et je commence à sérieusement juger les gens. Je me suis rendu compte que sur un dance floor, certains stéréotypes ressortent.

  • Il y a le gars qui essaie de danser sans aucun succès et qui reste en dehors des “cercles” (Je ressemblerais certainement à un de ceux-là si je devais perdre la tête et aller danser.) Je le juge car il se fait honte.
  • Il y a le gars qui est dans les cercles et qui tente de faire faire des chose indécentes au filles. Il se prends les moobs pour que les filles se prennent les boobs. Je le juge, car c’est idiot. Je les juge car ça pourrait marcher, alcool aidant.
  • Il y a la fille qui dance lascivement en se collant sur des douches qui regardent d’autres filles. Je la juge, va donc faire ça sur le pauvre type qui se fait honte.
  • Il y a les filles qui dansent sexy avec d’autres filles parce qu’elles n’ont pas le courage de faire ça avec un gars. Je les juge, dansez pas sexy si vous voulez avoir du plaisir entre vous, ça attire les gars ces danses.
  • Il y a le gars qui tente de danser avec les filles qui dancent sexy. Je le juge, “it’s a trap” comme on dit.
  • Il y les gars qui dansent entre eux avec beaucoup trop d’énergie. En sautant et en se lançant mutuellement dans les airs. Je les juges, l’un d’entre eux s’est pété la tête sur un haut-parleur suspendu.
  • Et il y a le gars trop saoul qui se promène et offre des shooter à tout le monde. Je le juge, il est asiatique et il renforce le stéréotype que les asiatique ne tiennent pas l’alcool..

Et j’ai fini la soirée à boire une once de Crown Royal à discuter avec deux militaires accoté au bar du Normandin. Juge mon maraudage.

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Juge mon cliché
par

9 Dec

À la mode ces temps-ci : les listes de photos de famille laides, et plus particulièrement des pires photos de Noël. Ça se partage, repartage, tweet et re-tweet à outrance. On m’en a même fait la suggestion pour un “Juge ma photo de famille” au moins deux ou trois fois. Comment ces familles ont-elles fait pour en arriver là?

Et pourtant, j’en ai déjà parlé un peu plus tôt, je suis convaincu que dans nos boîtes à souvenir (du moins, dans celles de nos parents ou de nos grands-parents), il y a des photos dont on est pas fiers fiers.

Anecdote: je devais numériser un paquet de photos pour mettre dans un cadre électronique destiné à mon grand-père. J’imagine que c’était des photos de grands-oncles, grandes-tantes et arrière-grands-machins car je ne connaissais personne. Le pile de photo traînait là, et moi je procrastination. Un ami (quelqu’un de grande qualité) est venu chez moi et a dit: “Mais pourquoi est-ce que t’as une grosse pile de photos de monde laite?” Comme ça. Je le jure. Les photos lui donnaient raison, néanmoins. Qui qu’ils aient été, les clichés ne les mettaient probablement pas vraiment à leur meilleur.

C’est sûr que la plupart des photos énumérées dans ces liens sont vraiment, vraiment, spécialement laides. Ou issues de concept douteux. Ça arrive.

Mais honnêtement, lorsque vous vous retrouverez en famille à vous écoeurer du café au Carolan’s et du gâteau aux fruits, essayez de repérer les signes que votre photographe maison est en train de créer des oeuvres terrifiantes :

  • les gens sont pris en photo la bouche ouverte;
  • le photographe n’a pas mis ses lunettes de lecture et doit prendre la photo à bout de bras, penché vers l’arrière, pour espérer voir ce qu’il fait;
  • le photographe regarde son appareil mais pas ce qui se trouve devant lui;
  • il met son flash quand c’est pas nécessaire;
  • il ne met pas son flash quand c’est nécessaire;
  • il rit beaucoup en prenant les photos;
  • il dit des choses comme “attend, attend, on va recommencer!”.
Je ne veux pas avoir l’air d’avoir fait des études en relations publiques, mais honnêtement, confier son image personnelle à quelqu’un qui n’est pas en mesure de garder toutes les têtes au cadrage, c’est comme monter en voiture avec quelqu’un qui pète la baloune, excepté qu’en photo, vous êtes sûrs que ça va mal se passer. Pire, à l’ère du numérique, vous pouvez être sûrs que les clichés hots qui auront été pris finiront sur Facebook.
À l’aube des fêtes, je vous suggère de vous protéger de vos proches. Allez sur Facebook, et activez l’examen du profil. Empêchez vos amis de vous tagger dans une photo si vous ne l’avez pas pré-approuvée. Si vous avez un grand-père ou un mononcle qui tient son appareil à bout de bras, esquivez l’assaut et réfugiez vous derrière le sapin, ou derrière un proche de taille considérable.
Le résultat pourrait être terrifiant…
Terrifiant
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Juge mon rythme
par

8 Dec

Afin de rendre le tout un peu plus humainement gérable, j’ai choisi de baisser le rythme de publication à trois textes, les lundis, mercredis et vendredis.

Si vous me jugez par rapport à cette lâcheté, soit. Envoyez-moi des textes invités.

En attendant, vous retrouverez demain un jugement de saison.

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Juge ma gestion
par

7 Dec

Il n’y a pas si longtemps, un ami ingénieur maintenant aspirant MBA me disait: “Dans mon domaine pis dans mon cercle social des fois je me trouvais pas mal cave. Mais depuis que je suis en admin, je suis ben au dessus du niveau du monde dans la classe.” Ok. Mon ami a peut-être une drôle de façon de se juger, mais bon. Après avoir passé trois sessions à temps partiel dans les tréfonds du Palasis-Prince, je dois faire quelques constats.

Les questions classiques

  • Est-ce qu’on doit vraiment apprendre ça?
  • Est-ce qu’il y a des calculs à l’examen?
  • À quelle unité est-ce qu’il faut arrondir?
  • Est-ce qu’il faut retenir le nom des modèles?
  • Est-ce qu’il faut vraiment lire le livre?
Quoique, côté lire des livres, les gens d’admin sont assez parfaits. Au café, à la café, dans les aires de repos, les couloirs, les escaliers… Quand on circule on doit prendre garde à ne pas écrabouiller les doigts d’un douchebag liseur. Du monde studieux, il y en a au coton. Mais amenez les travaux d’équipe et là, le charme est rompu. Les princesses n’ont plus tant fière allure quand leur Théorie du management à 200$ ne s’applique plus à la vraie vie. Pas de leadership, ni créativité, aucune imagination, pas d’attentes. Dans les yeux les lumières sont éteintes, on se réfère au livre sans cesse, comme si lui seul pouvait nous sauver. Des rois des vrais, qui auront des cravates et qui signeront nos payes.
Ils se disent que comme ils n’ont pas de talent, mieux vaut diriger ceux qui en ont. Un habit, un sourire et une coupe de cheveux vraiment awesome.
Voilà le coffre à outil du seigneur.

J’exagère? Essayez le Prolo Bar.

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Juge ma passivité
par

6 Dec

Parmi les quatre critères qui font de quelque chose une oeuvre d’art, il y a la marque de l’intervention. Un act of God, ça compte pas. On peut donc étirer le raisonnement, et dire qu’on ne peut pas créer d’art en dormant.

En revanche, on peut faire plein d’autres choses en dormant. Par exemple, ce matin, j’ai renouvelé un de mes noms de domaines en dormant. Ça implique que j’ai implicitement donné mon accord à une bande de sympathiques Californiens, que j’imagine jeunes et bronzés, afin que ceux-ci entrent en contact avec mon institution financière et me prélèvent un petit montant d’argent. Cet acte passif me permet d’être tranquille pour une autre année. Les fonds pour payer cette transaction se vireront seuls sur ma carte de crédit, possiblement lors de mon sommeil, et j’apprendrai, probablement lors d’une autre nuit de sommeil, que j’ai acquis quelques cennes sous la forme de Boni-dollars par cette transaction audacieuse. Pas mal si on considère que je ronflais sûrement. C’est aussi ainsi que je repaye mes dettes d’étude, reçois mon salaire et transfère des fichiers entre mes ordinateurs. Passivement.

Même si les actes passifs s’articulent beaucoup autour des paiements pré-autorisés, il y a une foule de petites choses qui se passent en mode pré-programmé, dans la vie. On peut, par exemple, passivement faire son café, enregistrer des Ciné-cadeaux, renouveler sa prescription ou recevoir le journal. De nos jours, on peut faire beaucoup en ne faisant rien du tout.

Sur les médias sociaux, on explique qu’il y a un certain seuil après lequel une personne perd le contrôle sur ce qu’elle peut mentalement suivre au cours d’une journée. Par exemple, il peut sembler difficile de suivre plus de 500 abonnements Twitter sans perdre le fil. Le flot de petits messages pas toujours pertinents peut rapidement dépasser les limites du gérable. De même pour le journal qu’on reçoit, pour les newsletters auxquelles on est abonné, et pour les factures qui passent en pré-autorisé dans son compte.

Passé un certain seuil de passivité, j’ai la certitude qu’un individu peut perdre totalement le contrôle sur sa vie et se retrouver à regarder son horaire et son relevé de carte l’air absent et l’âme en peine, sans trop savoir qui il est, ou bien où il va. Parfois l’angoisse doit lui prendre le coeur. Et peut-être que parfois, la personne qui dort à côté de lui est un étranger.

En ce beau matin de décembre, je porte un jugement sur toutes les décisions que je prend sans le savoir et toutes ces choses qui me concernent que je ne vois aller qu’après coup. Et je me dis que si je peux juger la passive indifférence qui nous habite, il ne me reste alors qu’à commander un steak frite, et accumuler les Boni-dollars.

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