Juge mon empressement

Les indépendantistes sont divisés sur un paquet de chose: mode d’accession à l’indépendance, pluriculturalisme, laïcité, modèle d’État et j’en passe. Dans l’oeil des médias, ils sont aussi divisés sur la question de l’empressement. Plusieurs politiciens ont été à tort ou à raison qualifiés de pressés; même François Legault a déjà eu sa carte du club des pressés.

Cette fois-ci, c’est au sein des rangs bloquistes que la guerre de l’empressement fait rage.

Louis Plamondon, confortablement juché au sommet de son dixième mandat, prétend qu’il n’y a pas péril en la demeure et que la course peut bien attendre. Pour défendre son cas, il cite l’exemple de Thomas Mulcair, tombé en disgrâce malgré une présence aux Communes en tant que chef. Ce que Plamondon ne dit pas, c’est que la débandade des néodémocrates vient probablement d’avoir voulu jouer aux conservateurs en présentant un programme budgétaire austère et en tenant constamment un double discours au sujet d’enjeux fondamentaux.

Cette fois-ci, c’est Xavier Barsalou-Duval qui représente le club des pressés. Celui-ci pense plutôt que la course devrait avoir lieu plus tôt que tard, afin d’éviter de mettre un éventuel chef dans la même situation que Mario Beaulieu, qui n’a eu qu’un an et demi pour se faire connaître du grand public.

 

Un parti de rois mages ?

L’attitude de Louis Plamondon est dangereuse. Le Bloc a enfin repris un peu de poil de la bête et doit immédiatement prendre les moyens qu’il faut de réaliser sa mission: faire du Québec un pays. Le dernier chef élu du Bloc n’a pas eu le temps qu’il fallait pour mettre sa notoriété en place. On a réclamé sa tête et on a été forcés à se dépoussiérer un messie, en l’occurrence Gilles Duceppe.

À en croire Plamondon, c’est la recette qu’il faut reproduire. Attendre que l’eau soit chaude, paniquer, et attendre qu’un messie nous tombe du ciel pour gagner l’élection comme par magie. C’est un disque qui commence à être usé. Le Parti Québécois nous l’a montré, une course à la direction c’est long et c’est sale. Rien ne divise autant les forces vives du parti qu’une course à l’interne. Il faut de toute urgence gérer cela afin de laisser au nouveau chef le temps de mettre sa réputation en place et de permettre aux militants de faire la paix entre eux.

Je concède le point aux représentants du club des pressés. Le Bloc Québécois n’a aucun avantage à retarder sa course à la chefferie. Louis Plamondon est peut-être bien confortable à Ottawa, mais les Québécois, eux, ne sont pas confortables dans le Canada. Je veux voir à la tête du Bloc un chef qui prendra les moyens qu’il faut pour nous aider à s’en sortir.

Juge mon jeu de fusils

Notre journaliste velu préféré nous jase de l’abolition des DRM et de la rétrocompatibilité de jeux multijoueurs dans une chronique sur Branchez-vous.

Je n’ai pas grand chose à ajouter. Depuis que le numérique rend facile la copie illégale, les compagnies ont essayé de sauver les meubles de toutes les façons possible, souvent en pénalisant le client légitime. Les jeux vidéos sur ordinateur ont déjà une date de péremption étant donné qu’ils sont difficiles à faire fonctionner sur des ordinateurs trop récents, mais si en plus des mécanismes de sécurité vous barrent la route, vous n’êtes pas sortis du bois.

Mais ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler. J’ai quelques habitudes vidéo-ludiques mais je ne suis pas un expert du sujet.

Je tenais à partager une anecdote impertinente mais rigolote.

Mon pote Dave et moi étions en train de voix-clavarder (je n’ai pas encore trouvé de bonne traduction de voicechat) et nous cherchions un jeu vidéo multijoueur dans lequel jouer. Nous avons décidé d’essayer de ramener des morts le premier opus de la série Red Faction, jeu avec lequel j’ai eu beaucoup de plaisir il y a une dizaine d’années.

Après quelques péripéties pour rendre le jeu compatible avec les ordinateurs modernes, nous voilà sur les serveurs pour se rendre compte qu’il y’a plus grand monde pour jouer. En fait, il y avait à ce moment un seul autre joueur en ligne sur toute la planète Terre. Évidemment, on s’est joints à lui, et on a eu bien du fun, en écrivant des choses comme « tr0l0l0l0 » et « pwn3d » dans le clavardage du jeu.

Après avoir reçu un coup de bazooka en pleine poire, notre joueur anonyme nous gratifie d’un très folklorique « tabarnak ».

La conversation qui s’ensuit a ressemblé un peu à:

– Tu sais dire « tabarnak »?
– Ben, oui.
– T’habites où, yo?
– Ben… Charlesbourg.

Ben oui. Le seul autre être humain à jouer à ce jeu là ce soir là était juste à l’autre bout du trajet du 801.

Québec, capitale internationale des vieux jeux vidéos.